20.04.2009
Pause : Pourquoi je continue ce blog
Extrait de la Tribune d'Edwy Plenel paru sur Mediapart :
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A entendre ceux qui contestent le discours de Ségolène Royal à Dakar, la France ce serait une personne et une seule, univoque, intouchable, irremplaçable et inamovible : le chef de l'Etat. Le scandale, ce serait donc que, le 14 avril, dans la capitale du Sénégal, l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle ait osé parler au nom de la France, comme si la France, c'était elle aussi, comme si la France, c'était nous, vous, moi – et pas seulement, pas uniquement, pas forcément, pas toujours, pas indéfiniment Nicolas Sarkozy.
Non, la France n'est pas une personne. C'est un pays, un peuple, une histoire. Avec leur diversité, leurs nuances et leurs conflits. Cette prétention à ramener notre nation à une sorte d'individualité, incarnée dans un corps unique, exprimée dans une voix singulière, est au ressort de toutes les idéologies d'exclusion. Vouloir personnaliser la France, c'est potentiellement désigner l'anti-France : simplifier notre complexité en supprimant ce qui contredit, conteste, nuance, divise, oppose, etc.
Cette naturalisation d'un pays en une personne, réduit à un individu unique qui serait seul légitime à l'exprimer, traduit une conception non démocratique de la vie publique. Au-delà de la personnalisation et de la concentration du pouvoir qu'elle épouse, elle fige la démocratie dans un seul moment, celui du scrutin. Car, si le vote majoritaire est un principe incontestable de choix des gouvernants, il ne saurait être un principe permanent de justification de leurs actions une fois élus. Une démocratie véritable est autrement riche que cette fiction majoritaire qui l'épuise dans les urnes.
La diversité de la société n'est pas réductible au moment électoral qui la simplifie ; et les gouvernés ne perdent pas leur pouvoir dès lors que, par leur vote, ils l'ont délégué. L'avocate de la démocratie participative est donc légitime, tout comme vous et moi, à exprimer la France, ses différences, ses nuances. Elle a bien le droit de dire que le précédent discours de Dakar, celui du président de la République, en forme de divagation historique, n'était que sa parole particulière, en aucun cas celle de tous les Français, et certainement pas son mandat électoral. Et cette attitude est non seulement légitime mais nécessaire face à une parole présidentielle qui ignore le « nous » et ne s'exprime qu'en « je ».
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S'opposer, c'est bien sûr proposer, mais c'est d'abord cela : ne pas composer, ne pas admettre, ne pas céder. Aucune alternative crédible ne se construira sur l'arrangement avec ce pouvoir tel qu'il s'affirme et s'exprime, sur des compromis douteux ou des rapprochements incestueux. Tous ceux qui, à l'inverse, jugent cette posture excessive, ridicule ou néfaste, sont les mêmes qui pensent que la présidence de Nicolas Sarkozy n'est qu'un épisode éphémère, sans gravité ni conséquence durable, de notre vie politique. Nos lecteurs savent que telle n'est pas notre analyse, tant la régression nous semble avérée, documentée par nos enquêtes et prouvée par nos révélations.
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En bref, tout français peut s'estimer représenter la France. Que ce soit Segolène Royale, moi ou la caissière du Auchan. Nicolas Sarkozy n'est pas "au dessus" de nous en terme de représentation.
Merci à la petite quinzaine d'internautes à avoir sortit ses panneaux, et ce blog continue.
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Photo N° 8 : Soph
Soph n'aime pas trop qu'on la voit, du coup, elle s'est un peu caché derrière son panneau ! Merci à elle.

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19.04.2009
Dessin n° 3 : Lordofnoyze
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